Qu'est ce qu'un éditeur indépendant

Publié le par Expressions Littéraires Universelles

Voici un texte écrit par ma consoeur Brigitte Peltier, qui a le même profil d'entreprise qu'élan sud. Il décrit assez bien notre profession.

 

Comme dirait Monsieur de La Palisse, l’indépendance est ne dépendre que de soi-même !

C’est dire que le rôle de l’éditeur indépendant est celui qu’il se donne à lui-même, et ses missions, celles qu’il choisit de s’assigner. Il n’a pas d’actionnaire majoritaire extérieur, n’appartient à aucun Groupe éditorial majeur et se fait volontiers distribuer par un distributeur aussi indépendant que lui. Ses rôles et missions naissent d’un rêve, de la passion, voire du sacerdoce. Quand ce n’est pas de la folie furieuse. Il est petit. Ou très petit. Et si, exceptionnellement la grenouille devient aussi grosse qu’un boeuf, elle est illico emmenée paître dans l’étable d’un Groupe. Là, l’éditeur connaîtra le luxe d’une « vraie » diffusion, n’y perdra pas forcément la totalité de son âme, mais son indépendance, si. Il est en général tout sauf riche. Leur moyenne de publication par an est d’environ 6 titres. Pour commencer à bien comprendre la vie d’un éditeur indépendant, il faut signer un contrat avec un auteur (et le rémunérer), travailler le texte avec lui, créer une maquette, réaliser le document définitif, le faire imprimer, le diffuser, en assurer la promotion médias et hors médias, et le faire distribuer et gérer les retours d’invendus.

Les indépendants fixent donc eux-mêmes leur positionnement et leurs choix éditoriaux. Par définition, moins généralistes que les grands, et pour cause, ils sont d’une compétence exceptionnelle sur leur terrain de prédilection. C’est en grande partie grâce aux éditeurs indépendants que naissent et vivent des livres qui seraient morts dans l’oeuf ailleurs. Enfin, un aspect commun à presque tous et qu’il faut mettre en lumière : ils partagent un goût très intéressant pour la beauté et l’élégance de « l’objet livre ». Malgré leurs moyens difficiles, aucun papier n’est trop beau, aucune maquette n’est assez innovante, aucun illustrateur trop superflu, ce sont des dandies de l’édition…

B. Peltier, éditions Pippa.

Publié dans édition 2012

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